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Société Wallone du Logement

Lettre ouverte de Messieurs Quenon et Jaegers au Ministre Antoine.


LETTRE OUVERTE A ANTOINE
En sa séance du 30 novembre dernier, à l’instigation du Ministre du Logement (et tutti quanti) André Antoine, le GW prenait la surprenante décision de révoquer « ad nutum » (= le fait du, des Prince-s-!) les 13 administrateurs de la Société Wallonne du Logement (SWL). Tenu d’abord secret, l’oukase ne fut révélé que quelques jours plus tard à la RTBF radio par le Président du MR, l’un des deux partis démocratiques de l’opposition en Région Wallonne. Il fut ensuite confirmé par une brévissime notification adressée à la SWL le 6 décembre … A ce jour, aucun administrateur n’a été officiellement informé de la décision et aucune des habituelles et indispensables mesures de « continuité du service public » n’a été prise. Entre-temps et pris de court, le Ministre Antoine, plus gêné aux entournures que jamais, fit savoir que sa décision n’était pas une sanction ( !!) et qu’elle avait été décidée uniquement pour justifier un slogan « moyens nouveaux (sic), hommes nouveaux (resic) ! Aucune erreur, fût-elle minime à reprocher au CA de la SWL, pas de conflit, fût-il mineur… à se mettre sous la dent ! Il y a peu encore dans le cadre d’une émission dominicale de RTL-TVI, le versatile ministre donnait pourtant un 8/10 (sa meilleure note du jour!) à la SWL et, dans toutes les nombreuses occasions possibles (les annales du PW et la presse en attestent) décernait des satisfecit (ô combien mérités !) soit à son président, soit à l’ensemble du CA de la société… Il en fut de même les deux fois où le ministre assista à tout ou partie du CA : il se déclara plus que satisfait et nous conforta de persister dans les voies choisies ! Il faut dire que le CA actuel de la SWL n’a jamais chômé, et encore moins ces derniers temps, loin s’en faut ! Comptes annuels 2005 approuvés sans réserve pour la 1ère fois depuis la régionalisation, et, surtout, chacun le sait bien, mise en ordre du secteur par le truchement d’audits qui ont débouché sur l’envoi d’une 15ne de commissaires spéciaux et autant de saisines de la justice… Même si le Ministre a tendance à se parer de toutes les plumes du paon en toutes circonstances, tout qui s’intéresse peu ou prou au logement public social wallon sait très bien que c’est la SWL qui a été et l’élément déclencheur et l’opiniâtre acteur de première ligne de tout le processus d’assainissement! Et ce, malgré des conditions parfois difficiles en terme de personnel (8 fonctionnaires de la SWL – à charge de son budget -sont détachés dans les cabinets ministériels), d’objectifs et ce, surtout, en l’absence, notamment d’un nouveau « Contrat de Gestion » (le précédent est obsolète depuis 2002 !) réclamé à maintes reprises – en vain ! – depuis belle lurette, le Ministre Antoine lanternant sans cesse… tant l’administration que le CA de la SWL ! Après avoir dû essuyer les plâtres de multiples restructurations imposées par le GW, après avoir travaillé sans relâche depuis 3 ans et demi sur tous les fronts, après avoir vraiment et courageusement mis les mains dans le cambouis des dysfonctionnements (doux euphémisme !) de nombreuses sociétés locales et ce, de façon équilibrée, équitable et sans considération politicienne, voilà les administrateurs de la SWL (aux émoluments très modestes par rapport aux responsabilités et heures de prestation leur incombant, précisons-le !) virés comme des malpropres, sans même avoir un début de commencement d’explication ! Exit donc les 13 administrateurs fort assidus de la SWL (désignés à la mi-2003 pour un mandat de 5 ans) - et entre autres – exit un Recteur (PS) d’Université (en fonction depuis 1997 et Président de la Commission des Finances et du Personnel), exit un éminent professeur de sociologie à l’UCL (CDH), Vice-Président de la SWL et administrateur depuis deux décennies !), exit un bourgmestre (PS) par ailleurs directeur du CRAC (et président de la Commission Politique du Logement), exit aussi un autre mayeur (MR) et président du Comité de Gestion Financière de la SWL, exit un avocat (MR, en fonction à la SWL depuis 1994 !) du Barreau de Namur, président du CPAS de la ville de (2000 à ce jour), exit une juriste (PS) compétente et passionnée, exit un Inspecteur des Finances rigoureux (PS), sans parler des autres membres du CA, y compris les deux signataires de la présente. Mais peut-être que la sortie n’est-elle que temporaire pour certains d’entre eux, l’agenda caché du ministre étant non pas d’introduire des femmes et des hommes nouveaux, mais plutôt d’écarter les administrateurs les plus libres par rapport à leur ministre, par rapport au secteur ou encore par rapport à la conception qu’ils ont d’un organisme d’intérêt public, à savoir autre chose qu’un jouet qu’un ministre impulsif casse quand il le veut d’une autre couleur ou d’une autre forme. Interpellé tout récemment au Parlement Wallon par la députée ECOLO Monika Detier, quant aux raisons de son diktat aussi subit et inconvenant qu’incompris (de nombreuses réactions - toujours hostiles à son encontre - nous sont parvenues, de tous bords politiques démocratiques!), le Ministre Antoine n’a même pas cru utile de s’expliquer autrement que par la lecture monocorde d’une « note juridique » (sic !) émanant de son Cabinet et, de l’avis général, d’une vacuité unilatérale rarement atteinte ! Circulez, y’a plus rien à voir ! Les virés le sont collectivement, basta ! Le Prince Antoine ayant décidé en se rasant que les défenestrés de la SWL devaient l’être. Voilà ! Même le vice-président CDH de la SWL n’en revient toujours pas, lui non plus et nous autorise à le faire savoir! Ainsi donc, celui qui, naguère, quand il ferraillait dans l’opposition et il y peu encore quand il faisait encore illusion comme « nouveau » ministre, ne ratait jamais une occasion médiatique de se faire le héraut de la transparence, de la loyauté réciproque, de la motivation indispensable de tous actes administratifs, etc., voilà que ce bateleur impénitent se transforme en un autocrate méprisant. Passons ici sur les multiples conséquences dommageables - à commencer par celles qui s’avéreront néfastes pour les locataires - d’une inique décision (en sus, ECOLO ne sera plus du prochain CA où le PS retrouvera la majorité absolue!) qui s’avérera fort dommageable pour l’ensemble du secteur public locatif du logement social (ECOLO s’exprimera en long, en large et en travers là-dessus après la trêve des confiseurs) pour affirmer, tête haute, que nous ne baissons nullement les bras et que sommes en train d’étudier toutes les voies possibles de recours que nous ne manquerons d’actionner dans les meilleurs délais ! Non, monsieur A., vous n’en avez pas fini avec nous, loin s’en faut ! Et que dire lorsque sera venu le temps de votre « bilan » ? Les effets d’annonce seront vite estompés par l’absence d’annonce d’effets positifs pour un secteur dont vous avez abandonné la gestion à une « cour » revancharde…

Michel Quenon et Lambert Jaegers,
Administrateurs ECOLO et « ad nutum » de la SWL

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